Le poulailler

On dit souvent poule pondeuse et poule d’ornement. En réalité, toutes les poules pondent ! En revanche, la fréquence, la taille de l’œuf, sa couleur ou encore le nombre d’années de ponte diffèrent selon les races de poule. Les gallinacées seront transportées de leur lieu d’acquisition à leur nouvelle demeure dans des caisses à poules spécifiques et bien aérées. Les poules n’aiment pas le changement : c’est pourquoi vous allez devoir bien réfléchir à la situation du poulailler, de l’abreuvoir, du pondoir, du nichoir, de la mangeoire, de la rampe et des autres éléments du parcours.

C’est également pour cette raison qu’il est fortement conseillé aux éleveurs amateurs mais aussi aux aviculteurs les plus confirmés de faire l’acquisition de l’ensemble du cheptel souhaité le même jour. Le poulailler et ses accessoires indispensables devront être installés dès l’arrivée des cocottes.

Une poule vit environ 10 ans. En général, il est plus simple pour un éleveur de poule d’acquérir des gallinacées de 5 mois plutôt que des poussins : leur caractère est déjà affirmé, leur taille quasi-adulte et leur sexe déterminé, ce qui vous évitera quelques surprises de dernière minute ! Le printemps est la meilleure saison pour élever des poules pour la première fois. Très sociables, les poules n’aiment pas être seules. Il est donc préférable d’acquérir au minimum deux cocottes.

L’effectif de votre élevage dépend d’un premier temps de l’espace disponible dans votre jardin ou basse-cour, mais aussi de vos moyens et du temps que vous êtes prêt à leur consacrer. Prenez en compte les spécificités, les besoins et le caractère de chaque race de poule pour élire celle qui partagera votre quotidien. Fournisseuses d’oeufs frais, les poules animent le jardin et émerveillent les enfants, mais peuvent aussi saccager votre potager si vous ne prenez pas toutes les dispositions nécessaires (enclos à poules, nourriture suffisante, clôture solide, grillage).

Les poules aiment se balader et gambader, et ont besoin d’un coin de pelouse à gratter et à picorer. Elles seront les meilleures amies du jardinier : elles adorent chercher et manger quelques insectes pas toujours désirables dans le jardin ! Omnivores et gourmandes, elles consomment jusqu’à 150 kg de déchets organiques par an. Leurs déjections peuvent servir à alimenter le fumier car elles sont très riches en azote, voire parfois trop riches pour certaines plantes.

Dans un premier temps, installez les poules à l’intérieur du poulailler avec eau et nourriture à disposition. Cela leur permettra de retrouver plus facilement le chemin du poulailler le soir venu. Vous verrez que cela aide à créer la hiérarchie au sein du groupe. Va alors débuter une période d’observation : les poules sont réglées sur les heures du soleil. Vous allez donc devoir caler vos activités d’entretien selon ce même rythme.

L’élevage de poules nécessite en plus de votre patience et de votre dévouement, trois grandes éléments : un bon grillage à poules (ou filet de poulailler), un bon poulailler (acheté en kit ou construit) et une bonne alimentation pour apporter à vos poules pondeuses tous les nutriments dont elles ont besoin pour s’épanouir.

N’oubliez pas que détenir un animal est une responsabilité qui impose de lui assurer des conditions compatibles avec ses besoins physiologiques et son bien-être.

Le grillage à poule : le garant de la sécurité des gallinacées

Le poulailler

Grillage triple torsion galvanisé à chaud (galva), grillage soudé, grillage à revêtement… quelle que soit sa composition et son mode de fabrication, le grillage à poulailler est un indispensable de votre élevage. Il assure la protection et la sécurité physique de vos poules qui, rappelons-le, sont exposées à de nombreux prédateurs et autres nuisibles : le renard, la belette, la fouine, le furet, la couleuvre, les chiens errants, les chats domestiques, les rapaces, les rats, les rongeurs, etc.

Ainsi, un bon grillage à poule contiendra les intrusions des prédateurs et permettra à vos poules d’évoluer sereinement dans le poulailler et les différents éléments de leur lieu de vie.

Mais à quoi fait-on référence au juste lorsqu’on parle d’un bon grillage à poule ? C’est tout simplement un grillage qui dispose de mailles suffisamment petites pour ne pas permettre aux petits nuisibles de pénétrer dans l’enclos et éviter à vos poules de se coincer la tête. C’est un aussi un grillage suffisamment solide, notamment dans sa partie basse, pour contenir les prédateurs les plus insistants qui tentent de pénétrer dans l’enclos en creusant.

C’est enfin un grillage suffisamment haut pour ne pas permettre aux prédateurs de sauter par-dessus ou aux poules de voler par-dessus. Vous le savez, les poules peuvent voler, surtout les races de poules peu volumineuses qui n’auront aucun mal à outrepasser un grillage d’1m70 (notamment les poules naines). D’un autre côté, et au vu du prix des bons grillages, il vaut mieux en prendre un de taille moyenne et couper régulièrement les ailes de vos poules. C’est une pratique très courante, facile à réaliser et qui ne fait aucun mal à vos petites bêtes.

Notez enfin que certaines races de poules sont incapables de voler haut et qu’elles ne nécessiteront donc pas de coupure d’aile (ou de grillage à poules très haut). C’est par exemple le cas de la poule Nègre-soie.

Construire un poulailler ou le Do It Yourself appliqué au poulailler

Contrairement à ce que vous pourrez croire, vous n’avez pas besoin d’être un as invétéré du bricolage ou de la charpenterie pour construire un poulailler décent à vos poules. Alors bien sûr, il n’est pas question ici de construire un poulailler XXL tout confort qui s’apparenterait à un palace pour vos cocottes ! L’idée est de construire un poulailler basique qui remplit les fonctions primaires et qui permet à vos poules de vivre, boire et se nourrir à leur faim, pondre, couver et se sentir en sécurité.

Vous aurez donc besoin d’une bonne dose de motivation et d’un minimum de matériel pour vous lancer dans votre atelier DIY et construire un poulailler fait maison.

Comme un architecte de basse-cour, commencez par établir un plan détaillé du futur poulailler. Intégrez dans votre plan tous les éléments que vous prévoyez pour accueillir vos poules. Il faut savoir que les poules aiment par instinct se positionner en hauteur. Accédez à cette faveur en prévoyant un logement principal surélevé avec des tasseaux ou des cales en béton. Cela aura également l’avantage de favoriser l’aération et de réduire l’humidité.

Ainsi placé en hauteur, le poulailler attirera les poules qui y éliront domicile volontiers. Prévoyez une rampe douce et une trappe refermable pour faciliter l’accessibilité. Pour pallier les intempéries et le froid de l’hiver, disposez de la paille dans le poulailler et mettez du foin au sol. Ce dernier servira de litière et devra par conséquent être changé quotidiennement pour éviter la prolifération des parasites aviaires.

Ajouter à votre plan sur papier le perchoir (à 40 ou 70 cm du sol), un nichoir (ou pondoir) à hauteur inférieure à celle du perchoir, une mangeoire et un abreuvoir (en dehors du poulailler pour limiter l’humidité) et enfin le périmètre de l’enclos extérieur qui délimite le lieu de vie de vos poules.

Pour construire un poulailler pas cher, vous pouvez toujours récupérer des palettes de bois gratuitement dans les usines, les grandes surfaces ou auprès des entreprises locales.

Choisir son poulailler pas cher : les critères d’achat

Si vous n’êtes pas prêt à sacrifier tout un week-end pour construire un poulailler pour votre élevage de poules, vous pouvez bien sûr acheter un poulailler dans un magasin spécialisé ou sur internet. Aujourd’hui, les élevages de poules se sont multipliés, même en zone urbaine. Cet engouement du grand public pour tout ce qui touche au retour aux sources, au bio et au monde animal s’est logiquement traduit par la multiplication de l’offre en matériel d’élevage.

Sur le marché, des produits issus d’artisans modestes (éleveurs, charpentiers, menuisiers) côtoient les grandes enseignes spécialisées. En conséquence, les prix des poulaillers varient du simple au décuple, et il faut parfois avoir l’œil pour faire le bon choix. Avant toute chose, sachez que si vous êtes allergique au montage/démontage, il faut éliminer d’office les poulaillers en kit à assembler soi-même.

Préférez donc un poulailler en bois simple si votre élevage n’a pas la prétention de grandir outre-mesure, ou un poulailler en bois complet avec pondoir sur le côté pour les élevages ambitieux. Concernant la taille du poulailler, il va falloir se poser les bonnes questions pour ne pas manquer de place sans pour autant faire l’acquisition d’un poulailler XXL onéreux qui dépasse vos besoins réels. Voici quelques pistes :

- Combien de poules comptez-vous élever ? Le nombre est-il amené à évoluer ? A quelle fréquence ? Si vous comptez vous contenter de moins d’une demi-douzaine de poules, inutile de choisir un poulailler de grande taille. Un petit poulailler avec un seul pondoir sur le côté fera largement l’affaire ;

- Est-ce que vous comptez garder les poussins dans votre élevage ? Si oui, vous ne pouvez pas vous permettre un sureffectif dans un poulailler trop petit. Cela menacerait l’intégrité physique des jeunes poussins qui pourront se blesser. Votre grillage ou filet doivent disposer de mailles très réduites ;

- Quel est la superficie de l’espace extérieur sont vous disposez dans votre jardin pour votre élevage ?

L’alimentation dans le poulailler : mais que mange une poule ?

Que mange une poule ?

La poule est omnivore. Elle dispose donc d’un appareil digestif capable d’absorber à la fois des aliments d’origine végétale et animale. Les poules pondeuses aiment picorer dans l’herbe à la recherche de graines ou d’insectes. Elles sont par ailleurs friandes d’escargots, de restes de viande, d’épluchures de fruit et plus généralement de déchets de cuisine. On peut en ce sens identifier trois types d’aliments pour vos poules :

- Les déchets de cuisine comme les épluchures de légumes et de fruits (à l’exception des épluchures d’oignons, de bananes, de kiwis et d’agrumes), les salades, le pain mouillé, la charcuterie et surtout les coquilles d’huîtres que les gallinacées affectionnent tout particulièrement ;

- Les céréales comme le blé, le maïs, l’avoine et le soja sont des éléments incontournables du régime alimentaire des poules. Pas d’orge en revanche, elles ne le digèrent pas.

- Les restes de viande : il peut s’agir des restes de vos plats de poisson, de viande, etc.

Pour favoriser la ponte, préparer à vos poules des petites soupes matinales chaudes à base de bouillon de pain, de riz et de restes de vos repas. Ces soupes servies pendant la saison froide réchauffent l’organisme de vos poules pondeuses et facilitent la ponte. Vous n’aurez par la suite qu’à collecter les beaux œufs frais qu’elles vous offriront… un vrai petit plaisir duquel vous ne pourrez plus vous passer. Pensez également à disperser du pain trempé dans du lait en alternance avec du blé germé dans la mangeoire pour les chouchouter.

Pour plus d’informations sur le régime alimentaire des gallinacées d’élevage, parcourez notre article complet « Alimentation poule ».